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Jean LE GAC

Vendredi 30 Juin 2006 - Samedi 30 Septembre 2006
  • Jean Le Gac

    Jean Le GAC est né en 1936 à Alès dans le Gard, puis il va vivre à Carmaux dans le Tarn, où sa mère s’installe avec son mari. Adolescent, au collège et dans sa famille, on repère très vite son talent précoce pour le dessin et dans cet environnement minier il fait figure de mythe : il décide qu’il sera Peintre. Nanti d’une bourse d'état, il part à Paris et obtient le diplôme de professeur de dessin et d’arts plastiques en 1958.
    La quasi disparition de la peinture traditionnelle remet en question son projet d’être artiste peintre.
    Sa pratique jusqu’alors nourrie de savoir-faire et d’une parfaite connaissance de l’histoire de l’art se réfugie dans le virtuel, comme pour mettre l’art entre parenthèses. En famille, en vacances, il manipule des objets dérisoires et naturels … Il photographie ces interventions dans la nature et y ajoute des mots. Puis désirant faire une œuvre d’art et la montrer, il contourne le système clos des galeries : il adresse par la poste aux personnes repérées sur le fichier de la galerie Gévaudan, sous forme de lettres anonymes, ces photographies accompagnées de textes qui traduisent son climat mental. Ne pouvant être LE peintre, ce mythe rêvé de son adolescence, il sera le Peintre sans peinture.
    Paradoxalement c’est ce choix du deuil de la peinture et d’activités apparemment régressives - sans être innocentes - qui vont lui ouvrir les portes du monde de l’art. Pour la première fois, il expose dans une grande manifestation artistique internationale : la Documenta de Kassel en 1972. Il a 36 ans et c’est un artiste sans œuvre. Il dit : "J’ai regroupé sous forme de "cahiers" mes lettres et mes photos élaborées durant les années 69-70."
    Dès lors il va exposer régulièrement et "entre" à la galerie Templon à Paris. Cependant, il refuse de se laisser entraîner dans les nouveaux courants de la mode de l’art qu’il avait pourtant semblé inaugurer par des démarches proches du Land Art ou de la Performance. Il prend du recul, il retourne aux livres de son enfance, à cette littérature illustrée et désuète qui avait contribué à sa vocation de peintre, et dans un esprit à la fois de modestie et d’authenticité, il poursuit une œuvre où le Peintre, c’est-à-dire lui-même, devient le sujet-objet.
    Dès 1973, il dira : "J’ai compris que si je suis capable d’inspirer une fiction, alors il y aura une preuve de mon existence…"
    Désormais - et quels que soient les développements ultérieurs de son œuvre - l’illustration et la légende, toujours décalées, resteront le vocabulaire de base de la construction mythique d’une figure d’artiste dont l’identité sera tributaire de la fonction, mais redistribuée dans l’éclatement des rôles multipliables à l’envi. Jean Le Gac, délibérément privé de peinture, embrasse la carrière d’un paparazzo traquant les activités du Peintre, non pour en relater les effets concrets, non pour s’arrêter à l’œuvre, mais pour retourner à la Peinture et nous parler de sa possible pérennité.

  • Jean Le Gac 12
    Jean Le Gac PA3
    Le Gac 04
    Le Gac 05
    Le Gac 06
    Le Gac 11
    Le Gac 13
  • Vernissage 1
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    Vernissage 9