TONY BEVAN Tony Bevan réalise la plupart de ses œuvres agenouillé sur le sol. C’est, peut-être, de ce contact primaire qu’il tire sa force. Il revient sans cesse sur les motifs qui sont les siens avec une énergie résolue, appropriée à cette méthode de travail qui, à l’inverse du travail exécuté sur un mur ou sur un chevalet, restreint son champ de vision faisant en sorte que l’image qu’il obtient, en l’arrachant de l’espace de la peinture, absorbe toute son attention. Pour lui, la création est plus un acte de découverte que d’invention. (…) Cette méthode peut nous aider à expliquer quelques unes des caractéristiques essentielles de son travail. Du point de vue de la composition, le spectateur n’aura aucun mal à trouver le point stratégique depuis lequel il va visualiser l’image : presque toutes les œuvres sont plus ou moins centrées sur un axe vertical, avec un horizon souvent bien défini, au bas du plan pictural. C’est comme si, en adoptant ces structures familières et compréhensibles, Tony Bevan affirmait son désintérêt pour toute attitude relative à la nécessité de « démontrer » l’effort de l’artiste. (…) En jetant un rapide coup d’œil sur le travail de ce créateur, on découvre aisément l’une de ses caractéristiques les plus flagrantes : le nombre restreint de thèmes identifiables parmi lesquels, celui du corps humain (et, en particulier, de la tête) qu’il décline et développe depuis 25 ans. Tout contact avec l’œuvre est immédiatement fascinant. C’est ainsi que, littéralement, ces images fortes, vibrantes et souvent déconcertantes nous font face et réclament notre attention en créant une tension dans la nature de la relation établie avec le spectateur. (…) Jonathan Sinclair-Wilson
















